Selon les Arabes, « les Palestiniens Répètent les Mêmes Erreurs »

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Les Palestiniens ont rappelé leurs ambassadeurs en poste aux Émirats arabes unis et à Bahreïn. Une manière d’exprimer leur mécontentement à ces deux États du Golfe qui ont signé un accord de paix avec Israël. Les Palestiniens menacent aussi de rappeler leurs ambassadeurs de tous les pays arabes tentés de nouer des relations avec Israël.

par Khaled Abu Toameh

Plusieurs factions palestiniennes incitent également les dirigeants palestiniens à se retirer de la Ligue arabe pour protester contre son refus de condamner la normalisation avec Israël. Début septembre, les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe ont refusé d’approuver un projet de résolution condamnant la décision des Emirats arabes unis de faire la paix avec Israël.

« Les résolutions de la Ligue arabe sont des gages donnés à l’administration sioniste américaine », ont déclaré les factions palestiniennes. « La normalisation [avec Israël] est une énorme trahison de la cause palestinienne et un coup de poignard contre les sacrifices et la souffrance des Palestiniens et des Arabes. »

Les menaces palestiniennes de retrait de la Ligue arabe et de rappel de tous les ambassadeurs des capitales arabes qui établiraient des relations avec Israël ont suscité moqueries et commentaires acerbes dans le monde arabe, en particulier dans les États du Golfe. Les réactions étaient unanimes : les Palestiniens n’ont rien appris de leurs erreurs.

Les critiques qui fusent en provenance du monde arabe sont un bon marqueur de l’animosité qui monte contre les dirigeants palestiniens. Au train où vont les choses, les Palestiniens pourraient découvrir un beau matin qu’ils n’ont plus un seul ami au sein du monde arabe.

Les menaces des Palestiniens et leurs charges au quotidien contre les Émirats arabes unis et Bahreïn accusés d’avoir « trahi la mosquée Al-Aqsa, Jérusalem et la cause palestinienne », choquent de nombreux Arabes. Ils sont nombreux aujourd’hui à élever la voix pour rappeler aux Palestiniens qu’ils n’ont pas raté une occasion de rater la paix.

Le journaliste libanais Khairallah Khairallah s’est dit scandalisé que les Palestiniens aient qualifié de « jour noir » la cérémonie de signature des accords de paix à la Maison Blanche.

Khairallah a rappelé que l’expulsion des Palestiniens de Jordanie au début des années 1970 est restée dans leur mémoire comme un « Septembre noir ». Après la défaite jordanienne de 1967 dans la guerre des Six jours, a-t-il expliqué, le roi de Jordanie avait autorisé l’OLP à établir des bases militaires en principe dirigées contre Israël. Mais une faction palestinienne dissidente a tenté de créer un État dans l’État en Jordanie et même d’assassiner le roi Hussein. En riposte à cette tentative de coup d’Etat, le roi a expulsé les Palestiniens vers le Liban. Là, les Palestiniens ont contribué à la guerre civile libanaise qui a commencé en 1975 et ont continué à lancer des attaques terroristes contre Israël. En 1982, après qu’Israël ait détruit les bases palestiniennes du sud-Liban, les Palestiniens ont de nouveau été expulsés, vers la Tunisie cette fois.

« Cinquante ans après « Septembre noir », – quel que soit le nom que vous lui donnez -, rien n’a changé », écrit Khairallah.

« Les dirigeants palestiniens refusent de tirer les leçons de leurs expériences. Les organisations armées palestiniennes ont répété leur expérience jordanienne au Liban. Elles ont contribué à la destruction du Liban [pendant la guerre civile]. La cause palestinienne aurait-elle tiré un quelconque bénéfice du renversement du roi Hussein dans les années 1970 ? »

Khairallah a ajouté qu’en 1990, Yasser Arafat, ancien dirigeant de l’OLP, avait commis l’« énorme erreur » de soutenir l’invasion du Koweït par Saddam Hussein. Après qu’une coalition dirigée par les États-Unis ait renvoyé en 1991 l’armée irakienne en Irak, le Koweït et d’autres Etats du Golfe ont expulsé un demi-million de travailleurs Palestiniens en raison du comportement déloyal de leurs dirigeants.

« Yasser Arafat n’a rien appris de la Jordanie et du Liban », a-t-il ajouté.

« On aurait pu croire qu’Abou Mazen [Mahmoud Abbas] aurait tiré les leçons des calamiteuses erreurs de Yasser Arafat en Jordanie et au Liban, mais il a pris le pire de Yasser Arafat. Un demi-siècle après « Septembre Noir » comme disent les Palestiniens, « rien n’a changé. Les Palestiniens ont toujours la capacité de faire les mêmes erreurs. » (Al-Arab, 20 septembre 2020)

L’analyste politique saoudien Sami al-Morshid a rappelé lui aussi que les dirigeants palestiniens ont raté plusieurs occasions de signer la paix. Chaque fois que les Palestiniens ont rejeté un accord, a déclaré al-Morshid, « ils ont mal joué ».

« Malheureusement, les dirigeants palestiniens répètent les mêmes erreurs. Ils ont condamné les traités de paix que les Egyptiens et les Jordaniens [ont signé avec Israël], et ils ont rejeté l’initiative de paix du président américain Bill Clinton [au sommet de Camp David de 2000]. Aujourd’hui, ils rejettent l’initiative de paix du président Donald Trump et ils condamnent les traités de paix des Émirats arabes unis et de Bahreïn. »

L’écrivain irakien Farouk Youssef estime lui, que le problème des Palestiniens est que leurs dirigeants n’ont jamais voulu d’un État :

« Ils ont échoué à établir leur État parce qu’ils n’en voulaient pas. Je parle surtout de ces dirigeants politiques qui vont ici et là répétant toujours les mêmes slogans révolutionnaires. Un État palestinien sera un fardeau pour ces palestiniens-là, car il les empêcherait de se remplir les poches. Les Palestiniens doivent prendre conscience que les gens sont fatigués. L’Autorité Palestinienne n’est plus à même de représenter le peuple palestinien. » (Al-Arabiya, 19 septembre 2020)

Le journaliste égyptien Imad Adeeb affirme que la direction palestinienne aurait dû prendre ses distances avec le Qatar, la Turquie et l’Iran. Tout comme elle aurait dû éviter d’insulter et de calomnier les Arabes :

« Si j’étais membre de la direction palestinienne, j’aurais milité pour l’abandon de l’intransigeance politique et j’aurais mis un terme aux insultes, à la calomnie et à la violence verbale … Si j’étais le leader des Palestiniens, j’aurais profité de l’initiative de paix des EAU. En tant que dirigeant palestinien, je n’aurais pas fait le jeu du Qatar, de la Turquie et de l’Iran contre les États arabes modérés. » (Al-Watan, 8 septembre 2020)

L’écrivain saoudien Yusef al-Qabalan a également accusé les dirigeants palestiniens d’avoir rejeté toutes les initiatives en faveur de la paix. A commencer par l’Initiative de paix arabe à laquelle tous les dirigeants arabes s’étaient ralliés en 2002 :

« Des dirigeants palestiniens réalistes auraient activé cette initiative politique arabe de toutes les manières possibles au plan international. Au lieu de cela, les dirigeants palestiniens ont répondu à toutes les initiatives de paix avec une rhétorique de trahison et des slogans creux. Les dirigeants palestiniens pris le parti de l’Iran, de la Turquie et du Qatar qui ont trafiqué leur cause ; ils ont perdu leur carte la plus forte, qui est celle de l’unité nationale. Les dirigeants palestiniens n’ont pas saisi les occasions qui se présentaient. Ils ratent les choix stratégiques et optent à la place pour une alliance avec l’Iran. » (Al-Riyad, 18 septembre 2020)

Le clerc islamique émirati Wassem Yousef, s’adressant aux Palestiniens et aux Arabes en général qui rejettent la paix avec Israël, a écrit sur Twitter:

« Israël n’a pas détruit la Syrie ; Israël n’a pas brûlé la Libye ; Israël n’a pas déporté le peuple égyptien ; Israël n’a pas détruit la Libye et Israël n’a pas déchiré le Liban. Arabes, avant de condamner Israël, regardez-vous dans le miroir. Le problème c’est vous. »

Les dirigeants palestiniens ont superbement ignoré les messages et conseils de leurs frères arabes. Les dirigeants palestiniens de Cisjordanie et le Hamas qui règne dans la bande de Gaza n’aiment pas qu’on leur rappelle leurs erreurs. Et ils n’acceptent aucun conseil, même quand il vient d’États arabes qui ont versé des milliards de dollars dans leurs caisses. Les plus grands perdants, bien sûr, sont à nouveau les Palestiniens – qui voient rapidement s’éloigner la sympathie d’un nombre croissant d’Arabes.

Khaled Abu Toameh, journaliste primé basé à Jérusalem, est Shillman Journalism Fellow au Gatestone Institute.

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