Foto RonF/Flickr.com, CC BY 2.0
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Vingt-et-un pour cent de la population adulte britannique – soit près de onze millions de gens – ont tendance à être “fortement” d’accord ou “jusqu’à un certain point” avec l’idée qu’Israël serait un “Etat d’Apartheid”. Dix pour cent -soit cinq millions- ont tendance à être d’accord avec l’idée que les gens “devraient boycotter les produits et biens de consommation israéliens”. Si on tient compte du nombre de gens approuvant ces déclarations faussées contre Israël, il n’est pas rassurants que 23% seulement ne sont pas d’accord de prétendre qu’Israël serait un “Etat d’Apartheid”, alors que 46% sont en désaccord avec le boycott de produits israéliens”.

 

Par Manfred Gerstenfeld

Ces données à propos de certains aspects de l’antisémitisme ayant Israël pour cible, résultent d’une nouvelle étude intitulée : “Allégations d’Apartheid et Appels au boycott”, menée par David Graham et Jonathan Boyd, publiée en janvier 2019, conjointement par l’Institut de Recherche en Politique Juive (JPR) et la Fondation pour la Sécurité de la Communauté (Community Security Trust ou CST).

On a proposé aux sondés douze affirmations, auxquelles on leur a demandé de répondre s’lis était d’accord ou en désaccord, “fortement” ou “jusqu’à un certain point” avec celles-ci. “Israël commet des meurtres de masse en Palestine” a reçu le plus haut pourcentage d’avis favorables, par 24%. Trente-deux pour cent sont d’accord avec l’allégation disant : “Israël tente délibérément d’effacer de la carte la population palestinienne“. En d’autres termes, 13 millions de citoyens britanniques ont une vision diabolisée d’Israël.

Dix huit pour cent des sondés sont d’avis que “les intérêts d’Israël sont à l’opposé des intérêts du reste du monde”. Si on remplace le mot “Israël” par le mot “Juif”, il est clair qu’une représentation antisémite classique s’est juste transformé en sentiment anti-israélien. La même chose se produit avec l’expression : “Israël a trop de contrôle sur les affaires internationales”, allégation que reprennent à leur compte 17% des adultes britanniques. Pourtant, une autre assertion du même type : “Israël est la cause de tous les problèmes du Moyen-Orient”, a reçu 10% d’approbations. Toutes ces déclarations auraient pu provenir d’une version remise à jour du Mein Kampf d’Hitler, du genre qui traiterait d’Israël plutôt que des Juifs.

Treize pour cent des sondés sont d’accord avec l’affirmation disant “Israël exploite le statut de victime de la Shoah pour atteindre ses propres objectifs”. Cinq pour cent désapprouvent l’affirmation que “Israël a tout-à-fait le droit d’exister”. Cela équivaut à approximativement 3 millions de personnes. Pour de nombreuses déclarations, ceux qui soit sont d’accord ou en désaccord, ou ne savent pas, représentent près ou plus de la moitié des gens sondés.

Beaucoup d’autres perspectives importantes découlent de cette étude. Le plus haut pourcentage de ceux qui sont d’accord avec l’idée “qu’Israël est un Etat d’Apartheid” sont ceux de plus de 60 ans, alors que le plus faible concerne les moins de 30 ans. C’est également vrai pour ceux qui ne sont pas de cet avis. Les gens qui sont diplômés d’université ont plus tendance à être d’accord avec cette idée qu’Israël serait “un Etat d’Apartheid” que les autres. Pour cette dernière statistique, on peut s’interroger sur l’influence de l’extrême-gauche sur les campus universitaires à l’heure actuelle.

La forte implantation de l’antisémitisme au sein du parti travailliste est largement connue. Pourtant, on trouve le plus grand nombre de positions anti-israéliennes parmi ceux qui votent pour d’autres partis plus minoritaires. Trente-sept pour cent de ceux qui ont l’intention de voter pour les partis nationalistes écossais ou gallois s’accordent avec l’allégation disant “Israël est un Etat d’Apartheid”. Trente et un pour cent des électeurs du parti Vert sont du même avis. Pour les Démocrates Libéraux, ce pourcentage est de 30% et même pour le Parti de l’Indépendance qui est plutôt d’extrême-droite, cette tendance se situe à 26%. Tous ces pourcentages sont au-dessus de la moyenne.

Pour ceux qui votent pour le parti conservateur, 18% pensent que “Israël est un Etat d’Apartheid”. Parmi ceux qui ont l’intention de voter pour le parti travailliste, cette configuration atteint 27%. En ce qui concerne l’adhésion à l’idée de boycotter les produits et biens de consommation israéliens, les électeurs travaillistes dominent ce domaine avec 16%, suivis par les électeurs du parti écologiste, avec 14%. Les Conservateurs arrivent avec 6%. Tous les autres sont proches de la moyenne de 10%.

Si on regarde les pourcentages de ceux qui adoptent la notion “d’Apartheid” répartis selon l’appartenance à des minorités ethniques, on trouve 52% qui l’approuvent par les Arabes de Grande-Bretagne, 33% parmi les Pakistanais d’Asie Centrale et 30% parmi Bangladais d’Asie. La totalité de ces groupes sont Musulmans. Ils sont suivis par les Indiens asiatiques, avec 28%. Parmi les citoyens britanniques européens, cette proportion est de 24%. Le plus faible taux d’adhésion, 17%, se situe parmi la population noire.

En ce qui concerne l’idée de “boycotter les produits et biens de consommation israéliens”, les Arabes et autres Musulmans dominent le secteur, en accord avec ce point de vue. Les pourcentages sont de 45% pour les Arabes, 43% pour les Pakistanais d’Asie et 37% pour les Bangladais. Même les Indiens d’Asie Centrale, parmi lesquels les Musulmans sont probablement une minorité, se situent à 25%, bien au-delà de la moyenne de 10%.

L’étude différencie aussi les réponses selon la religion des sondés. Les résultats confirment que les Musulmans sont les plus anti-Israéliens parmi les enquêtés. 34% des Musulmans s’accordent à penser qu’il faut “boycotter les biens et produits israéliens”. Les statistiques donnent 14% chez les non-religieux et 8 % pour les Chrétiens. Pour ce qui concerne l’allégation d’Apartheid, la différence entre les courbes statistiques parmi les adeptes des diverses religions est moins prégnante. L’étude conclut également que plus le sentiment antijuif est élevé, plus est grande la probabilité d’un avis favorable à ces deux allégations contre Israël.

The findings of this study are not only an indictment of many millions of Brits and a far greater percentage of Muslim immigrants and their descendants, but these findings must also lead to a strong condemnation of the Israeli government which has yet to establish an anti-propaganda agency.Israeli embassies are not equipped to deal with these problems. After the forthcoming elections, Knesset members should raise the anti-propaganda issue forcefully.

Les résultats de cette étude ne sont pas seulement un acte d’accusation de plusieurs millions de Britanniques et d’un pourcentage encore plus grand d’immigrés musulmans et de leurs descendants, mais ces résultats doivent aussi conduire à une ferme condamnation du gouvernement israélien, qui doit encore instaurer une agence contre la propagande. Les ambassades israéliennes ne sont pas équipées pour faire face avec ces problèmes. Après les élections à venir, les membres de la Knesset devraient soulever avec force la question de la lutte contre la propagande.

Dr. Manfred Gerstenfeld a présidé pendant 12 ans le Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem (2000-2012). Il a publié plus de 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme. Adaptation: Marc Brzustowski. Première publication par Jforum.fr

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